L’école, de nos privilèges à nos responsabilités…

education

250 millions d’enfants et d’adolescents, soit un sur cinq, n’ont pas le droit à l’éducation à travers le monde. Celle-ci est pourtant un droit inscrit dans la charte des Droits de l’Homme des Nations Unies. Ces enfants rempliraient 250 000 collèges d’une taille comparable à notre école.

Lorsque l’on sait que l’accès à l’éducation est le seul véritable moteur d’émancipation de l’être humain, cela donne réellement à réfléchir. Comme ce droit fondamental n’est pas accessible pour tous, cela devient un privilège d’en profiter et à ce titre, cela nous donne des responsabilités supplémentaires.

La première responsabilité consiste à se rendre compte que ce privilège est une chance que l’on ne peut pas gâcher. Il s’agit effectivement de se culpabiliser si on estime que ce droit est banal et que l’école, il faut la supporter. Il ne s’agit pas uniquement de se construire un avenir, d’en être responsable et acteur mais c’est aussi la nécessité de développer son émancipation à travers le libre arbitre et le libre arbitre, c’est être acteur dès les bancs de l’école.

Trop souvent, on constate qu’en tant qu’élève, on subit les événements et que c’est l’enseignant qui doit amener du sens. C’est en partie vrai mais en partie seulement. Ce que peut apporter l’enseignant, c’est à l’étudiant d’en construire le sens, évidemment avec les balises fournies par l’enseignant mais en tant qu’acteur, on doit réellement savoir pourquoi on est là. Autrement dit, le geste et l’action sont dans le chef de l’éduqué et non de l’éduquant. Cela devient déséquilibré lorsque tous les rôles incombent à l’éducateur.

Une seconde responsabilité est liée directement au rôle que l’on va remplir d’un point de vue générationnel. Nous avons une responsabilité à apprendre des plus anciens et un rôle de projection pour la génération qui va suivre. Ce rôle de passeur est fondamental dans nos sociétés humaines, dans nos vies et nous ne pouvons pas le négliger.

Nous ne devons pas nous sentir aliéner par un système qui donne l’impression de nous enfermer, nous devons nous en servir pour nous émanciper et surtout émanciper les autres. Voici venir ainsi notre troisième responsabilité. Certes le système éducatif et l’école ne sont pas parfaits mais comme toute organisation humaine, le doit-elle? C’est par notre investissement, nos prises de responsabilités, notre libre arbitre que nous pourrons investir la société et y amener le bien.

Prenons conscience qu’accéder à l’éducation est un privilège, plus qu’un droit et par la même nous impose d’être responsable et acteur de cette chance parce que c’est cela la véritable émancipation. Nous ne pouvons pas nous permettre d’en être inconscient.

« Si l’on était responsable que des choses dont on a conscience, les imbéciles seraient d’avance absous de toute faute. L’homme est tenu de savoir. L’homme est responsable de son ignorance. L’ignorance est une faute. » – Milan Kundera, Artiste, Dramaturge, écrivain, Essayiste, Romancier (1929 – )

Prémices, R. HORION