« De la Vérité dans les Sciences… »

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« Si les Sciences ne sont pas l’essence de la Vérité, alors que faut-il ou qui faut-il encore croire? » C’est un raccourci révélateur, une phrase assassine de « l’omniscience ». C’est un climat révélateur du scientisme dans lequel le vingtième siècle s’est débattu.

Force est de constater que cette absolue vérité dans les sciences nécessite d’une part que nous (re)définissions la Vérité mais surtout de préciser en quoi les sciences doivent elles aussi (re)visiter ces vérités.

Laissons dans ce bref article, le débat de la Vérité dans les Sciences aux philosophes. A ce sujet, je me permettrai de fournir l’une où l’autre références en fin de post. Par contre, il devient pertinent d’essayer de comprendre pourquoi les sciences ont souvent du mal aujourd’hui à essaimer une certaine vérité mobilisante. Cela peut permettre de comprendre notamment pourquoi la Communauté scientifique éprouve les plus grandes difficultés à se faire entendre dans un débat criant d’urgence qu’est le changement climatique et ses conséquences.

Il faut sans doute remonter au grand chambardement dans les sciences fondamentales du XXème siècle pour arriver à comprendre un peu mieux ce constat. Depuis Galilée et Newton, le déterminisme en sciences fut exacerbé, pour faire simple, tout était mesurable, calculable et prévisible. Dans le courant du 19ème siècle, certains furent même tenté de penser que tout était découvert notamment en physique. Quel manque de lucidité et d’humilité! Cela montre tout de même qu’une vérité peut être conditionnée par son temps, son époque, la société et la culture dans laquelle elle s’exprime.

Le déterminisme triomphant s’est vu entrer dans le vingtième siècle en roulant des mécaniques. Tout était prévisible et rien ne pouvait nous échapper. Cruelles désillusions! L’avénement d’une physique fondamentale revisitée par la compréhension intime de la matière fut un révélateur d’une révolution conceptuelle. La matière dans ses fondements n’est pas toujours prévisible et les phénomènes deviennent statistiques dans leurs réponses aux sollicitations théoriques et expérimentales. Mieux encore, des disciplines macroscopiques comme la météorologie, les comportements de population, les changements économiques, l’évolution des espèces laissent entrevoir dans le courant du vingtième siècle, des dimensions statistiques, aléatoires, victimes de limites de prédictibilité. Le déterminisme vacille sur ses bases et il est bientôt envahi de doute dans de nombreuses disciplines. Il y a donc eu une crise qui continue aujourd’hui de bercer les sociétés contemporaines sur une forme de méfiance des prévisions scientifiques.

Le conscient collectif sociétal va suivre progressivement et ce terreau de remise en cause dans les sociétés modernes nous mène aujourd’hui dans les sociétés post-modernes à se reposer la question de la Vérité. Se plonger dans cette histoire, relire les fondamentalistes du siècle des Lumières, parcourir la suffisance du 19ème et sentir les bases déterministes vaciller doivent nous permettre de mieux comprendre les difficultés actuelles à la source d’une complexité menant à une difficulté de compréhension des enjeux d’aujourd’hui dans lesquels les sciences sont et restent nécessaires à la compréhension du monde. C’est le rapport aux Sciences et à la Vérité que nous devons constamment redéfinir et ne rien considérer comme acquis. Une forme de révolution des idées latentes mais sensible doit toujours être en marche pour nous permettre de tester les sciences, la compréhension du monde et ne pas la considérer comme déterminée.

Pour prolonger la réflexion, je vous conseille quelques auteurs philosophes d’hier et d’aujourd’hui et aussi du 20ème siècle comme par exemple, Alexandre Koyré, Karl Popper, Etienne Klein et Aurélien Barrau. Derrière des profils très différents, ce sont tous de grands questionneurs de notre temps ayant toujours comme réflexe, de nous laisser dans l’inconfort car cet inconfort est source d’une critique évolutive de la Vérité et de construction d’un positionnement réfléchi.

Je reviendrai sans doute à l’avenir sur les productions de ces auteurs et grands témoins de leur temps en vous proposant liens, références, ouvrages et actualités.

RH